Des mines de papier au musée

 

Des mines de papier au musée

Avec l’exposition des sculptures en papier de l’artiste Pékinois Li Hongbo, le Musée du Papier a frappé fort. C’est la première fois que ses étranges sculptures flexibles sont visibles en France.

 Salle 2 suite - Crédit Philippe QuintardDeux bustes, l’un de François 1er, l’autre de Marguerite d’Angoulême. De facture classique, les représentations de ces illustres personnages locaux semblent fixées dans le plâtre. Elles sont en réalité modulables et étirables à l’infini. Cette magie, très déroutante, est signée Li Hongbo, sculpture de renommée internationale. Depuis le 13 mai et ce jusqu’au 31 décembre, l’artiste chinois expose au Musée du Papier à Angoulême. Une première en France. L’exposition, intitulée « Quand la sculpture devient créature », présente (dans trois salles) douze sculptures originales dont les deux bustes composés de milliers de feuilles (8000 pour François 1er et 7000 pour Marguerite de Valois). Ce « maitre du papier » utilise un procédé complexe de découpage et de collage en nid d’abeille. Les feuilles sont superposées jusqu’à en faire des blocs épais qu’il découpe à la scie circulaire pour leur donner une forme. Pour certaines œuvres, l’artiste a taillé ses personnages dans des manuels scolaires empilés.

Ce n’est pas un hasard, si l’artiste a répondu favorablement à la demande du Musée du Papier, comme le souligne Florent Gaillard, son directeur : « En effet, il a été particulièrement sensible à la tradition papetière des lieux. »

Quatre siècles de tradition

Il faut remonter au XIVe siècle pour voir dans l’Angoumois les premiers moulins à papier, technique venant de la Chine, « tout est lié », sourit Florent Gaillard. C’est en 1537, que la fabrication du papier fin de « l’Angoumois » va connaître son expansion. La région d’Angoulême devint très vite un site reconnu en raison de la pureté des eaux et de son sol calcaire. La pâte à papier était exclusivement faîte à partir de chiffons puis le papier était fabriqué feuille à feuille au moyen d’une forme. Jusqu’à la fin du XVIIe siècle cette production représentait une des principales richesses économiques de la région. Les papiers étaient exportés en Grande-Bretagne et en Hollande.

A l’aube du XIXe siècle, Louis-Nicolas Robert met au point une machine capable de produire en continue des feuilles de papier. Cette innovation a engendré la révolution industrielle de la papeterie. « A cette époque, le bassin Charentais comptait jusqu’à 6000 ouvriers », note Florent Gaillard. La Charente se distinguait particulièrement par la fabrication du papier à cigarette (Le Nil), le papier haut de gamme, le Vélin d’Angoulême et la transformation du papier en enveloppes et articles pour papeterie.

La fin des années 1960, mettra un coup de frein à cette industrie, du fait de la crise et de la concurrence. Aujourd’hui, il ne reste plus en Charente que quatre entreprises papetières.

Le Musée du Papier préserve cette mémoire. Via ses collections, animées dans une scénographie originale, il témoigne de ce riche passé.

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