Sud Ouest, paléonthologie

Jean-François Tournepiche - Photo Philippe Quintard.JPG

Sur les traces des premiers hommes

Des Néandertaliens, qui ont vécus dans les vallées calcaires pendant 170 000 ans, jusqu’aux Solutréens, la Charente recèle d’importants témoignages de ces occupations dans plusieurs sites ouverts à la visite.

« Dès 1850, la Charente a été le théâtre d’importantes recherches dans le domaine de la préhistoire », souligne Jean-François Tournepiche, paléntologue et conservateur du musée d’Angoulême. D’ailleurs, une visite de ce lieu s’impose. Il retrace de façon très claire et didactique les différentes phases de l’occupation de l’homme en Charente et expose les nombreuses pièces mises au jour. Les premières traces de l’homme en Charente remonte à – 500 000 ans avant notre ère. Ses premiers habitants furent certainement des Homo erectus. « Il n’a été trouvé aucun ossement de cette époque ». L’homme de Néandertal va lui succéder. « Nous sommes en – 200 000 ans. Avec 170 000 ans d’occupation, ce dernier va se sentir bien dans nos vallées. Nous sommes dans une période glacière avec des alternances de périodes tempérées. » Les paysages sont des grandes steppes avec d’importants troupeaux d’herbivores : des bisons, des rênes, des mammouths…
Des abris naturels
« Les habitants, nomades, n’avaient aucun souci pour trouver de quoi se nourrir. En outre, les lieux offraient d’importants habitats naturelles : des grottes et des cavités dans les vallées calcaires de la Rochefoucauld et du sud Charente avec à leurs pieds l’eau courante ». La Charente est une des zones européennes qui a livré le plus d’hommes fossiles appartenant à cette lignée notamment sur deux sites : les grottes de la Chaise à Vouthon ou d’Artenac à Saint-Mary.
Succéderont aux hommes de Néandertal, les homo-sapiens et les hommes du Solutréen (- 20 000 ans). « Nous sommes à l’apogée du Silex, nous leur devons des outils d’une grande finesse taillés dans les os de rennes. » L’art apparaît aussi sous diverses formes : peintures, gravures, sculptures. Pour s’en rendre compte, trois sites sont à découvrir : le Roc de Sers, il fourmille d’informations sur cette période et présente une frise de 14 blocs sculptés représentant des animaux ; la Chaire à Clavin est un abri ornée d’une frise sculptée et enfin la grotte du Placard. Ce site exceptionnel est décoré de fines gravures animalières et de signes complexes.
Un détour par l’Espace d’initiation à la préhistoire à Montbron complète ces visites et permet aux enfants de s’essayer aux fouilles et à l’art pariétal.
Le réchauffement climatique mettra fin à cette ère il y a – 10 000 ans. « Avec l’arrivée du néolithique, nous entrons dans une période totalement différentes où les hommes deviennent des agriculteurs sédentaires », conclut Jean-François Tournepiche.

Musée d’Angoulême, tél. 05 45 95 79 88. http://www.musee-angouleme.fr
Espace d’initiation à la préhistoire à Montbron, tél. 06 08 96 02 02 ou 05 45 23 60 09
Roc de Sers à Sers, tél. 05 45 24 92 91 (visite gratuite)
Grotte du Placard à Vilhonneur, tél. 05 45 23 60 09 (sur réservation)
La Chaire à Calvin à Mouthiers-sur-Boëme, tél. 05 16 09 74 32 (visite libre ou guidée (sur réservation))

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