Un poitevin co-découvreur des plus vieux outils du monde

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Un Poitevin co-découvreur des plus vieux outils du monde

Datés de 3,3 millions d’années, les plus vieux outils de pierre taillée du monde ont été mis au jour au Kenya. Dans l’équipe, un chercheur de l’Université de Poitiers, Guillaume Dave.

La publication dans la revue internationale Nature en mai dernier de la découverte des plus vieux outils de pierre taillée au monde, sur la rive occidentale du lac Turkana au Kenya, vient de bousculer les connaissances sur l’évolution humaine : « Elle apporte la preuve archéologique de l’existence des capacités cognitives et motrices nécessaires à la fabrication d’outils en pierre chez des homininés très anciens, précise Guillaume Daver, maître de conférences à l’Institut de paléoprimatologie, paléontologie, humaine ; évolution et paléoenvironnements (IPHEP) de l’Université de Poitiers co-découvreur de ces outils avec des chercheurs du CNRS et de l’Inrap.
3,3 millions d’années
Jusqu’à présent les plus anciens outils, retrouvés en Ethiopie, dataient de 2,6 millions d’années. « On les a attribué au genre Homo voire à des formes récentes d’australopithèques. Ici, avec ces outils estimés à 3,3 millions d’années, dont la datation a été confirmée selon deux méthodes scientifiquement fiables, il s’agirait d’une forme d’homininé plus ancienne qui exclut toute implication d’un membre du genre Homo. »
A quoi servaient ces outils ?
Les 149 pièces mises au jour indiquent clairement que l’intention de ces homininés était de créer des outils. Tout le travail de Guillaume Daver a été de le confirmer en mettant en place des protocoles de réplication de ces outils et d’évaluer les implications anthropologiques de ces découvertes. « On ne sait pas pour le moment à quoi ils servaient ni surtout à quel type d’homininé ils sont attribués ». C’est toute la tâche qui incombe encore au chercheur qui fera à terme l’objet de nouvelles publications.

Des outils rudimentaires
Ces outils, très rudimentaires, sont en majorité des blocs de lave, lourds et volumineux qui ont servi à produire des éclats tranchants au moyen de deux techniques. Une dite « bipolaire sur enclume » qui a nécessité trois objets distincts : le bloc à tailler, un percuteur et une enclume. Le bloc est maintenu sur l’enclume par une main pendant que l’autre utilise le percuteur pour frapper et obtenir des éclats tranchants à partir du bloc. L’autre technique, dite sur percuteur dormant, consistait à percuter le bloc directement sur l’enclume.

Poursuite des investigations
La région des fouilles n’a pas été choisie par hasard. La présence de vestiges d’homininés anciens, assez proche du lieu de découvertes de ces nouveaux outils et de gisements riches en outillage de plus de 2M d’années, a incité les chercheurs à se pencher sur ce site. Les conditions de l’émergence de ces outils sont encore à élucider. Les investigations se poursuivent donc sur les rives du Turkana.

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