Sud Ouest La filière nautique

Capture2Réalisation du supplément formation 2015 Sud Ouest. Exemple de dossier paru dans le numéro : La filière nautique en Charente-Maritime

La filière nautique de nouveau à flot

Confrontée à la crise depuis 2009, la filière nautique voit son horizon s’éclaircir et les embauches repartent. Regroupant près de cinquante métiers différents, elle s’appuie sur une offre de formations assez complète sur le département.

Depuis 2009, la filière nautique a beaucoup souffert, « principalement chez les constructeurs où la baisse d’activité a été de 40 %, note Catherine Le Goff, responsable emploi et formation à la Fédération des Industries Nautiques (FIN). Le secteur des services c’est, quant à lui, plutôt maintenu. Les propriétaires d’embarcations ont continué à entretenir leur bateau et faute d’en acheter un nouveau, ils les ont mieux équipés. »
L’éclaircie est revenue en 2013 avec l’augmentation des ventes à l’exportation surtout pour les catamarans de luxe. « Les constructeurs connaissent cette année une hausse d’activité estimée à 8 %. »
Avec une présence forte d’entreprises de référence sur ce créneau dans le département, les opportunités d’embauches sont donc aujourd’hui bien réelles.
49 métiers différents
Le secteur nautique couvre 49 métiers différents. Trois grands secteurs d’activités composent la filière : la construction qui regroupe la majorité des emplois (architecte, bureau d’études, technicien composite…), les activités techniques (motoriste, plombier, climatiseur, électricien, électronicien…) et les activités de services (vente et location de bateau, maintenance, hivernage…) .
Les principaux besoins en personnels portent sur des fonctions opérationnelles. Plusieurs structures d’enseignement forment à ces métiers.
Dans le domaine du composite, le lycée Marcel Dassault de Rochefort offre un parcours complet qui va du CAP au BTS. « Nos formations ont totalement été transformées pour répondre à l’évolution des technologies dorénavant mise en oeuvre dans les entreprises comme le processus d’infusion ou d’injection », précise Laurent Bouscaud, chef de travaux.
En matière de maintenance des bateaux, le lycée de Rompsay dispense un parcours par voie scolaire et en apprentissage : CAP Réparation entretien embarcation de plaisance et Bac pro Maintenance nautique. Les formations portent sur la motorisation, l’accastillage et les gréements, la coque, l’électricité ou encore l’électronique embarquée.
Pour les métiers de la navigation : le lycée Maritime et aquacole de La Rochelle. Il propose deux bac pro : le bac pro conduite et gestion d’entreprise maritime qui prépare aux fonctions de marin professionnel dans deux options, commerce ou pêche maritime et le bac pro électromécanicien marine qui forme des techniciens de maintenance à bord des bateaux. Les élèves y valident aussi le brevet de capitaine 200 et capitaine 500. En 2016, le lycée devrait ouvrir un BTS Maritime option plaisance.
Des spécialisations par CQP
D’autres profils sont attendus comme les menuisiers, les électriciens, les électrotechniciens ou encore les thermiciens. Là encore le département dispose de formations adéquates dans les lycées professionnels. « Elles ne sont pas forcément estampillées nautisme, mais les diplômés peuvent s’insérer dans la filière avec si besoin une mise à niveau des compétences par le biais d’un certificat de qualification professionnel (CQP) de la FIN dispensé au Cipecma de Châtelaillon ou à l’AFPA, poursuit Catherine Le Goff. Ce qui peut être aussi vrai pour ceux ayant suivi une formation nautisme. Certaines n’ont pas encore pris le virage technologique souhaité. »
Pour ce qui est des emplois plus qualifiés, des besoins en personnel de bureau d’études s’est fait sentir avec l’évolution des technicités dans la conception des bateaux, par contre la fonction d’ingénieur nautisme est quant à elle plus bouchée. « A l’heure actuelle, nous avons 200 candidats pour 1 poste », note Catherine Le Goff.
Celle-ci estime que la filière nautique est encore un secteur où il est possible d’évoluer par la promotion interne, « notamment avec les départs à la retraite attendus, soit près de 40 000 personnes au niveau national d’ici 5 ans ».

Guide des formations du nautisme : téléchargeable sur le site internet de la Fédération des Industries Nautiques : http://www.industriesnautiques.fr (à la rubrique « nos actions »)

Contact : Fédération des Industries Nautiques, Catherine Le Goff : legoff@fin.fr

Encadrés
Un port de plaisance plus attractif, créateur d’emplois
L’extension du port des Minimes offrent dorénavant 1200 nouvelles places destinées aux plaisanciers (en plus des 4800) et classe cette infrastructure comme le plus grand port de plaisance d’Europe. « Les retombées économiques d’un tel projet ne sont pas neutres, souligne Bertrand Moquay, directeur du port de La Rochelle. On estime que 100 nouveaux anneaux c’est 1 poste de créé dans le domaine du nautisme. Si l’on compte les emplois indirects, ce chiffre s’élèverait à 10 postes tous secteurs confondus. » Dans le nautisme, les entreprises qui seront les premières impactées sont celles évoluant dans la maintenance, les services et la vente de matériel.
Et les ambitions sont grandes vis-à-vis de cette infrastructure « L’agrandissement offre une meilleure qualité de services, un meilleur accueil et plus de confort pour les plaisanciers. L’objectif est aujourd’hui de faire venir une clientèle plus haut de gamme. Des démarches commerciales et de communication ont été engagées dans ce sens. » Ce qui, pour le directeur du port, ne pourra être que bénéfique pour les entreprises locales et pour l’emploi.

Nautitech, des recrutements en vue
L’entreprise Nautitech constructeur de catamaran basé sur Rochefort, qui compte 60 personnes, surfe sur la bonne santé du nautisme à l’international. « 80 % de la production, soit une trentaine de bateaux, part à l’étranger, note Bruno Voisard, PDG de Nautitech. Nous avons un réel savoir-faire local reconnu. ».
Face à cette conjoncture, l’entreprise va engager l’année prochaine un gros projet d’agrandissement et devrait doubler ses effectifs en vue du lancement d’une nouvelle gamme de catamaran. Les besoins en personnel porteront sur tous les corps de métiers. « Au sein de l’entreprise toutes les spécialités du nautisme sont représentées. Toutefois, mes attentes seront axées essentiellement sur les spécialités composite, la menuiserie et l’assemblage, qui restent les principales activités. »

La maintenance : « Etre polyvalent »
Olivier Grassi, PDG de l’entreprise Grassi Bateaux spécialisée dans la maintenance, vente et location de bateaux à La Rochelle.
« Le technicien de maintenance est un des postes le plus représenté au sein de mon entreprise qui compte 15 personnes. Nombreux salariés sont issus du Lycée de Rompsay et de l’AFPA. Ce que j’attends des personnes que je recrute est qu’elles soient très polyvalentes car les tâches à réaliser sont diversifiées : carénage, réparation de coque, menuiserie, révision des moteurs, remplacement d’accastillage…
Malgré la crise de l’industrie nautique ces dernières années, la maintenance n’a pas été particulièrement affectée mais la concurrence reste forte. L’extension du port de La Rochelle devrait amener, je pense, de nouvelles opportunités. »

« Faire de la modélisation de coque de bateau »
Passionné de voile, Keny Chastagnet suit actuellement une formation de technicien supérieur en architecture navale à l’ESICS à La Rochelle.
« Au départ je voulais faire un BTS Construction navale en alternance, mais n’ayant pas trouvé d’entreprise, je me suis orienté sur la formation de l’ESICS. J’ai été agréablement surpris par l’approche de l’enseignement qui est très orientée métiers. Le principe repose sur l’apprentissage des logiciels de bureau d’études. Lorsque j’ai fais mon stage de 1ère année dans le bureau d’études de Rhéa Marine à La Rochelle, j’ai ainsi pu être opérationnel rapidement. Ce que j’aime c’est, à partir de l’idée d’un architecte, donner forme à une pièce, à une coque.
A la suite de ces deux années de formation, je pense que je vais poursuivre sur une année supplémentaire de projeteur en architecture navale (niveau Bac+3), au sein de l’école. »

Des lycéens à bord de l’Hermione pour la grande traversée
En parallèle de ses formations maritimes, le lycée maritime et aquacole de La Rochelle a démarré un projet pédagogique autour de l’Hermione. 12 élèves vont faire partie de l’aventure de la grande traversée de la frégate jusqu’aux Etats-Unis prévue à partir du 18 avril. « Pour eux, ce sera véritablement un aboutissement et une mise en pratique de ce qu’ils apprennent à l’école : la navigation, les communications, la sécurité, les quarts… », précise Christophe Molin, directeur adjoint du lycée. Dans le même temps, un voilier de 23 m le K.VIII sera appareillé par le lycée pour suivre l’Hermione durant toute la durée du voyage. 20 élèves y seront à bord avec la même finalité : « faire de l’apprentissage grandeur nature ». En amont du départ, les élèves ont notamment la charge de préparer le bateau : ravitaillement, configuration à bord, itinéraires… Ce qui passe aussi par un entraînement régulier sur le voilier école du lycée.

Un secteur de plus en plus pointu
Créé dans les années 1980, le Centre de Recherche pour l’Architecture et l’Industrie Nautique (CRAIN) est un bureau d’études de recherche et développement pour les industries nautiques mais aussi un interlocuteur privilégié des institutions publiques. Jusque dans les années 2000, cette structure a travaillé au développement de logiciels de conception pour les voiles, les mâts et les coques de bateaux. Depuis, il mène de nombreux travaux de recherche sur la propulsion électrique (on lui doit les passeurs électriques de La Rochelle) et l’éolien.
Intervenant dans les formations universitaires, le CRAIN accueille régulièrement des stagiaires. « Le secteur du nautisme est de plus en plus pointu est fait appel à des connaissances techniques et scientifiques élevées en hydrodynamique, aérodynamique, concernant les matériaux, les technologies embarquées…, précise Philippe Pallu de la Barrière, directeur du CRAIN. Aussi, nous accueillons des étudiants issus de différentes filières que ce soit en informatique, électronique ou en mécanique des fluides et nous leur apportons la connaissance nautique de pointe que recherche les entreprises. »

La filière nautique en chiffres en Charente-Maritime
320 entreprises (dont 28% en équipement, 23 % en distribution, 19% en fabrication, préparation et maintenance et 18% en prestation de services)
3500 salariés
90 % des entreprises ont moins de 10 salariés
25 cabinets d’architectes, bureau d’études et d’ingénierie
46 formations qualifiantes et diplômantes

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