Réseau des diplômés, Université de Poitiers

Thomas Faucher 1
Du golf de haut niveau à l’archéologie, un même moteur : l’envie

Installé depuis un an et demi au Caire, Thomas Faucher, 34 ans, diplômé de l’Université de Poitiers, est membre scientifique à l’Institut Français d’Archéologie Orientale (IFAO). Sa spécialité : la numismatique. Un poste qu’il partage entre la recherche et les fouilles sur le terrain, notamment à Louqsor. Le but de ses travaux : comprendre l’économie antique égyptienne.

Sa vie aurait pourtant pu prendre une toute autre tournure avec non pas pour toile de fond les déserts égyptiens mais les greens de golf du monde entier. En effet, golfeur universitaire émérite, il a tenté, pendant un temps, de devenir professionnel.
Ses deux passions, l’archéologie et le golf, sont nées lorsque Thomas a poussé en 1996 la porte de l’Université de Poitiers. Son intérêt pour l’histoire l’a incité à s’inscrire au département d’histoire. « J’ai opté pour la mention Archéologie car l’Université était renommée dans ce domaine. Ça a été pour moi une vraie révélation. J’avais enfin trouvé un sens et un plaisir à étudier. J’ai poursuivi à Poitiers jusqu’en DEA Histoire et Civilisation avec pour sujet d’étude la monnaie antique. »
En parallèle, mais toujours dans le cadre de l’université, il s’est inscrit au Golf de Châlons. « A l’époque pour 60 francs, vous pouviez jouer toute l’année ». Là aussi, il s’est révélé plutôt doué et a très vite fait de la compétition, jusqu’à devenir deux fois vice-champion de France universitaire en individuel et trois fois champion de France universitaire par équipe. Il a également participé aux championnats du monde Universitaire.
Un palmarès qui l’a alors incité à tenter sa chance aux Etats-Unis, où il fera une année universitaire, en vue d’une carrière professionnelle dans le golf. « Mais ça n’a pas débouché. En outre, j’ai eu un grave accident de voiture qui, à l’époque, m’a particulièrement diminué. Je n’ai pas insisté quand ça ne veut pas, ça ne veut pas, je suis donc retourné à mes études. » Il s’est inscrit en Doctorat à l’Université Paris-Sorbonne. Titre de sa thèse : « L’atelier monétaire d’Alexandrie sous les Lagides : problèmes techniques et stylistiques ».
Après une année comme chercheur associé à l’IRAMAT (Institut de Recherche sur les Archéomatériaux) d’Orléans, il a été recruté en 2011 à l’IFAO : « Travailler en Egypte était toujours dans un coin de ma tête. Mais, quand je visitais le temple de Louqsor lors de ma première année d’étude, j’étais loin de penser que j’y serai en poste 10 ans après. Nous sommes peu d’archéologues à avoir l’opportunité d’évoluer en Egypte. Je pense qu’il faut un peu de travail et beaucoup de réussite. J’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. » Mais pour décrocher ce poste, Thomas a été réellement persévérant. « J’ai candidaté 4 fois avant d’être pris. Mon dossier s’améliorait tous les ans, et la discipline dans laquelle je suis spécialiste, la numismatique, est petit à petit apparue comme légitime dans cette vieille institution portée surtout vers l’Egyptologie. »
Et lorsqu’on lui demande si sa pratique d’un sport à haut niveau a été utile pour sa réussite, Thomas affiche un constat partagé : « Pour les études, oui et non. Oui, c’est utile parce que ça permet d’arriver à un équilibre et non, parce que nos instances dirigeantes n’encouragent en aucun cas la pratique du sport. C’est toujours mal vu de prendre beaucoup de temps pour son sport. Par contre, pour la vie professionnelle, le golf m’a ouvert certaines portes. J’ai notamment eu la chance de dénicher des mécènes pour mes opérations archéologiques. » C’est dire tout le bien qu’il pense des réseaux. « C’est indispensable. J’ai pu le constater à la fac aux Etats-Unis. La solidarité des anciens étudiants, réunis en associations d’alumni est vraiment très forte. »
De son parcours, Thomas aimerait souligner un point essentiel qui peut faire office de conseil : « J’ai très vite su ce que j’aimais faire. C’est important. Si l’on pense être bon dans ce que l’on entreprend, il ne faut pas hésiter, il faut foncer, sur un malentendu, ça peut marcher. En tout cas, ça a marché pour moi », sourit Thomas.

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