Articles pour Sud Ouest spécial formation Charente-Maritime

Supplément Formation Mars

(exemple d’article paru)

De l’or au bout des doigts

Le lycée Gilles Jamain de Rochefort propose un CAP Broderie au fil d’or, diplôme unique en France, qui forme les futures brodeuses des maisons de haute-couture.

L’ambiance est particulièrement studieuse dans l’atelier de broderie du lycée Gilles Jamain de Rochefort. Elles sont une dizaine d’élèves de la première année de CAP Broderie au fil d’or, derrière leur métier, à manier l’aiguille et les brins de cannetille, fil de métal en spirale plaqué or ou argent. Coupés à la dimension choisie, ces brins enfilés comme des perles, composent le motif à exécuter.
Savoir-faire reconnu dans le monde
Cette technique, dite de broderie au fil d’or, discipline rare qui remonte à Colbert, n’est enseignée qu’à Rochefort. « Les besoins en broderie pour les uniformes de la Marine nationale dans les années 1960 ont contribué à la création de ce diplôme, explique Nadine Chignaguet, chef de travaux au lycée Gilles Jamain. Aujourd’hui, ce savoir-faire, reconnu dans le monde entier, est très prisée par les grands couturiers. D’ailleurs, la majorité des élèves se destinent à travailler pour les ateliers de haute-couture. Il y a également des débouchés dans les théâtres pour la réalisation de costumes ou dans des ateliers de restauration. » C’est une discipline très exigeante qui ne se contente pas d’à peu-près : « Le geste doit être très précis et exécuté au millimètre. Les élèves qui s’inscrivent dans cette section doivent être passionnées, avec un bon sens artistique et des aptitudes manuelles. »
L’enseignement porte en grande partie sur la pratique. Il y a donc une grosse part de travail en atelier, soit 18h de broderie par semaine. « Outre la broderie au fil d’or, les élèves abordent l’ensemble des techniques : broderie au crochet, broderie guidée-main, broderie informatisée… ». La formation est complétée par l’enseignement général traditionnel de CAP : mathématique, français, langue vivante… «Ils ont également un stage à réaliser de quatre semaines dans un atelier. Ceux qui optent pour ce CAP doivent avoir conscience qu’il faut être mobile. La grande majorité des ateliers de haute-couture se trouvent sur Paris. » C’est ce monde de la mode qui a attiré Sindy Sanchez, actuellement en première année de CAP. « Mon rêve serait de pouvoir travailler pour des grands couturiers. Voir le résultat de son travail lors des défilés doit procurer une énorme fierté. J’ai conscience que j’ai encore beaucoup à apprendre, il faut énormément pratiquer. C’est pourquoi, je pense poursuivre en Brevet des Métiers d’Art (BMA) au lycée. »
Robe de la Reine d’Angleterre
Le lycée encourage les élèves de CAP, qui le peuvent, à faire ce choix. « En deux ans, il permet de conforter son savoir-faire et offre de biens meilleurs débouchés. Certains de nos élèves qui ont obtenu le BMA ont fait de très belles carrières. On en retrouve chez le maître brodeur François Lesage qui travaille pour les plus grandes maisons comme Chanel. Il y en a également un qui enseigne en Angleterre et a réalisé dernièrement des broderies sur une robe de la Reine lors de son jubilé », conclut Nadine Chignaguet.

Portes ouvertes : 23 mars 2013

Lycée professionnel Gilles Jamain, 2a Boulevard Edouard Pouzet, 17300 Rochefort. Tél. 05.46.99.06.68. http://www.lyc-jamain.ac-poitiers.fr

Témoignage : « Se démarquer »

Diplômée du CAP Broderie du Lycée Jamain en 1989, Sylvie Deschamps a eu un parcours très riche dans diverses entreprises lyonnaises orientées dans la confection de broderie pour les uniformes et les fanions. Elle est aujourd’hui à la tête de l’Atelier du Bégonia d’Or à Rochefort. Cette structure travaille pour les maisons de haute-coutures, fait de la restauration de mobilier, de drapeaux et de costumes. Elle répond aussi à des commandes de privés et organise des stages loisirs de broderie au fil d’or.
« Lorsque j’ai découvert la broderie au fil d’or au lycée Gilles Jamain, alors que je souhaitais m’orienter dans la lingerie fine (la section venait de fermer au lycée), j’ai tout de suite était conquise par la spécificité de cette technique qui relève à la foi du domaine artisanal et artistique. Après mon CAP, j’ai effectué six ans de formation supplémentaire dans une maison lyonnaise auprès d’une femme, Lucie Teston, très exigeante, qui m’a enseignée toutes les subtilités de la profession. Il a fallu que je m’accroche, ça a été très difficile.
Il ne faut pas choisir, cette formation par défaut. L’exigence et la rigueur qu’elle demande n’est supportable que s’il y a une vraie passion pour la broderie.
Le marché est aussi de plus en plus concurrentiel notamment à l’étranger. Aujourd’hui par exemple, les broderies des uniformes militaires, qui faisaient vivre de nombreuses brodeuses, sont réalisées en grande partie en Bulgarie. Il est donc essentiel de se diversifier. Ce qui passe par une ouverture d’esprit : regarder le travail des designers, aller dans les musées… Pour se démarquer, il faut proposer quelque chose de nouveau. Les principaux débouchés sont les maisons de haute-couture, mais là aussi, il faut faire sa place en travaillant bien et vite.
Il ne faut pas se contenter du niveau CAP, le mieux est de poursuivre sur le Brevet des Métiers d’Art. Pour ma part, je ne prends des stagiaires qu’à ce niveau d’études.
La broderie est un long apprentissage. J’estime que j’ai réellement maîtrisé mon métier seulement au bout de 10 ans. »

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